Copier le « petit qui monte » plutôt que « coller à tous les habitudes du gros qui souffre » !

Le « copier-coller » dans ce titre un peu étrange vise à vous faire part de mes réflexions quand aux projets de développement de la FFT pour le padel ! « Pour » ou « par », nous y reviendrons…

De manière très logique, les commissions et les élus de la FFT en charge des disciplines autres que la pratique historique tennis (beach et padel) semble avoir pour premier réflexe d’imaginer le développement du padel à partir de leurs longues et riches expériences. Cependant avec cette démarche on pourrait, peut-être, aller au devant d’un piège immense : vouloir appliquer les recettes du tennis au padel pour assurer son évolution.

Développer les matchs par équipes, travailler sur un Roland-Garros du padel, limiter l’accès aux meilleurs classés à certaines compétitions etc. me semble être un « copier-coller » du savoir faire de la FFT (qui est immense) à une pratique montante, le padel. Le problème : la pratique fédérale du tennis souffre, la pratique du padel explose !

Avec beaucoup de recul, d’humilité et un peu d’opportunisme bien placé, il semblerait donc nécessaire de plutôt regarder ce qui séduit les pratiquants du padel pour essayer d’introduire progressivement ces bonnes pratiques dans les habitudes du tennis classique (accessibilité, convivialité, lieu de pratique, animations, format de compétition etc.).

Galaxie Tennis et le développement des TMC semble aller dans ce sens. L’explosion du padel, que nous connaissons depuis quelques années, est notamment liée au fait qu’il semble correspondre aux attentes du moment d’un certain nombre de nos concitoyens, et même de nombreux tennismen ou ex tennismen !

Il faut donc se poser la question : « qu’est-ce qui séduit les tennismen qui se convertissent au padel ? ». Qu’est-ce qu’ils trouvent au padel qu’ils ne trouvent pas ou plus au tennis ?

Depuis 2014, date de la prise en charge du padel par la FFT, cette pratique progresse, nous ne pouvons pas nier l’influence de cette grande institution dans cette dynamique. Un certain nombre des axes de développement impulsés par la Fédération pour le padel pourraient certainement être de bons leviers de croissance supplémentaire mais, d’abord, écoutons les pratiquants !

L’autre sujet, connexe à cette réflexion, est le développement du padel au sein de la FFT.

Parlons-nous du développement de la FFT et du tennis via le padel ou bien le développement du padel au sein de la FFT ? Le padel est-il un outil de développement du tennis ou un des objets du développement de la fédération ? Les clubs de tennis qui installent des pistes de padel, le font-ils pour fidéliser leurs adhérents, pour développer leur nombre de licenciés, pour mutualiser les moyens en atteignant un seuil critique permettant le maintien ou l’évolution de services (emplois pédagogiques, accueil, club-house, bar…) ? Les tennismen vont-ils rester au club grâce à une offre élargie tennis+padel (complémentarité) ou se transformer uniquement en joueur de Padel avec la même licence FFT (concurrence interne) ?

Ces questions sont essentielles à l’heure du développement de l’offre des structures privées commerciales du type « Le Five ».
Il est légitime que les acteurs bénévoles investis depuis de longues années pour le développement de leur sport de coeur, le tennis, soit un peu dérangés par ses nouvelles formes de pratiques. Combien de dirigeants du cyclisme ont regardé de travers l’arrivé du VTT, combien de gymnastes artistiques « scrutent » la gymnastique rythmique. Plus près de nous, la Fédération Française de Football a, au début, snobé le foot à 5. Aujourd’hui la FFF a passé un partenariat avec l’Urban Soccer. La Fédération Française de Basket-Ball axe une bonne partie de son développement sur le 3x3, et pas forcément dans l’espoir de transformer un jour les pratiquants en « vrai joueur » de basket, sous entendu à 5 contre 5 !

La FFT est à un tournant de son évolution. Le padel est aujourd’hui certes microscopique mais possède peut-être en son sein une partie de la solution pour le tennis français. A l’image de la transformation numérique dans d’autres secteurs, les « gros » doivent saisir les opportunités des « petits qui montent » pour se réinventer et rebondir à nouveau. Et nul doute que la FFT sera mettre en place le bon plan d’action pour développer cette pratique comme elle le mérite.